Pour écrire à une femme qui exerce la fonction de maire, la formule la plus sûre est « Madame la Maire, ». Elle convient dans une lettre officielle, un e-mail administratif, une demande de rendez-vous ou un courrier de réclamation. Les formes « Madame le Maire » et « Madame la Mairesse » existent, mais elles n’ont ni le même statut ni le même effet.
Quelle formule choisir sans se tromper ?
Dans l’usage courant et administratif moderne, « Madame la Maire » est la formule recommandée. Elle attribue le titre à la personne qui exerce la fonction et correspond à la féminisation désormais admise des noms de métiers et de fonctions.
La difficulté vient du fait que trois formulations circulent encore. Elles ne sont pas toutes fautives, mais elles ne produisent pas la même impression dans un courrier formel.
| Formule | Statut | À utiliser ? |
|---|---|---|
| Madame la Maire | Usage moderne, majoritaire et recommandé | Oui, en priorité dans une lettre ou un mail |
| Madame le Maire | Forme traditionnelle, longtemps défendue | Possible, mais plus datée |
| Madame la Mairesse | Forme ancienne ou régionale selon les pays francophones | À éviter dans un courrier formel en France |
Si votre objectif est d’être correct, respectueux et actuel, écrivez donc « Madame la Maire, » en formule d’appel. C’est le choix qui limite le plus le risque de maladresse protocolaire.
Pourquoi « Madame la Maire » est devenu l’usage recommandé
Une formule alignée avec la féminisation des fonctions
Dire ou écrire « Madame la Maire » revient à reconnaître que la fonction est exercée par une femme. La logique est la même que pour d’autres titres désormais courants : une présidente, une préfète, une députée, une directrice. Le mot « maire » peut donc être précédé d’un déterminant féminin : la maire.
Cette formulation n’est ni une erreur de français ni une formule militante. Elle correspond à une évolution de l’usage et à une tendance nette dans les écrits administratifs, institutionnels et journalistiques. Dans une lettre, elle a aussi l’avantage d’être claire : la personne destinataire est une élue, et le titre employé la désigne directement.
Ce que disent les autorités linguistiques et institutionnelles
L’Académie française a longtemps privilégié la formule traditionnelle « Madame le Maire », en considérant que le titre renvoyait d’abord à la fonction, historiquement traitée au masculin. Sa position a évolué avec son rapport de 2019 sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions. Cet assouplissement a contribué à légitimer les formes féminisées dans l’usage.
Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes préconise clairement la formule « Madame la maire ». Cette recommandation pèse dans les usages publics, car elle s’inscrit dans une logique de visibilité des femmes qui exercent des responsabilités électives.
Dans la pratique, retenez une règle simple : la tradition explique « Madame le Maire », mais l’usage actuel favorise « Madame la Maire ».
« Madame le Maire » et « Madame la Mairesse » : pourquoi ces formes prêtent à confusion
« Madame le Maire » : correct, mais moins actuel
La formule « Madame le Maire » n’est pas une faute absolue. Elle reste compréhensible et s’appuie sur un usage administratif ancien, dans lequel le masculin servait souvent de forme neutre pour désigner une fonction officielle.
Le problème est surtout son effet. Dans un courrier contemporain, elle peut sembler rigide, datée ou peu attentive à la féminisation des titres. Si vous écrivez à une élue que vous ne connaissez pas, mieux vaut éviter une formule qui peut paraître en retrait par rapport aux usages actuels.
« Madame la Mairesse » : un mot possible, mais délicat en France
Le mot « mairesse » n’est pas incorrect en soi. Il existe dans la langue française et reste employé dans certains espaces francophones, notamment au Québec, en Suisse ou en Belgique. En France, il est en revanche largement tombé en désuétude dans les usages administratifs.
Il faut aussi tenir compte de son histoire : « mairesse » a pu désigner autrefois l’épouse du maire, et non la femme qui exerce elle-même le mandat. Cette ambiguïté explique pourquoi le terme peut être ressenti comme maladroit, voire dépréciatif, dans un courrier officiel adressé à une élue municipale.
Pour un courrier en France, la meilleure solution reste donc de ne pas chercher l’originalité : « Madame la Maire » est plus net, plus actuel et moins ambigu.
Formules prêtes à utiliser dans une lettre ou un mail
La formule d’appel au début du courrier
Au début d’une lettre ou d’un e-mail, écrivez simplement :
Madame la Maire,
La virgule marque la formule d’appel et introduit le corps du message. Évitez les formulations trop familières comme « Bonjour Madame la Maire » dans un courrier très officiel. Dans un e-mail plus courant, cette variante peut se rencontrer, mais « Madame la Maire, » reste la formule la plus sobre.
Un courrier administratif doit rester cohérent du début à la fin : l’objet annonce le motif, l’appel pose le ton, le premier paragraphe va droit au sujet, puis la formule finale clôt l’échange. Si l’une de ces étapes est trop familière ou trop solennelle, l’ensemble perd en justesse. La bonne formule de politesse ne se limite donc pas à un mot juste, elle doit s’intégrer à un ton clair et régulier.
Exemples de premières phrases selon le contexte
Après l’appel, allez directement au sujet. Une maire reçoit souvent des courriers liés à des demandes concrètes : voirie, voisinage, urbanisme, rendez-vous, invitation, remerciement. Voici des formulations sobres et réutilisables :
- Demande administrative : « Je me permets de vous solliciter au sujet de ma demande relative à… »
- Demande de rendez-vous : « Je souhaiterais obtenir un rendez-vous afin d’évoquer avec vous… »
- Réclamation : « Je souhaite attirer votre attention sur une situation qui concerne… »
- Invitation : « Nous serions honorés de votre présence à l’occasion de… »
- Remerciement : « Je tiens à vous remercier pour l’attention portée à… »
Formules de clôture adaptées
La formule finale doit rester respectueuse sans être excessive. Dans une lettre officielle, vous pouvez écrire :
Je vous prie d’agréer, Madame la Maire, l’expression de ma considération distinguée.
Pour un e-mail administratif, une version plus légère convient souvent :
Je vous remercie par avance de l’attention portée à ma demande et vous prie d’agréer, Madame la Maire, l’expression de mes salutations distinguées.
Si le message est très court, par exemple pour transmettre une pièce ou confirmer un rendez-vous, vous pouvez terminer par :
Veuillez agréer, Madame la Maire, mes salutations respectueuses.
Majuscules, ton et vérifications avant l’envoi
Dans la formule d’appel, on écrit couramment « Madame la Maire, » avec une majuscule à « Madame » et souvent à « Maire » par déférence dans le cadre du courrier. Dans le corps d’une phrase, on écrit plus simplement « la maire » lorsque l’on parle de la fonction de manière générale.
Le plus important reste la cohérence du message. Un courrier à une élue municipale n’a pas besoin d’être ampoulé, mais il doit rester précis, poli et structuré. Avant d’envoyer votre lettre ou votre mail, vérifiez ces points :
- la formule d’appel est bien « Madame la Maire, » ;
- le motif du courrier apparaît dès les premières lignes ;
- le ton reste respectueux, même en cas de réclamation ;
- la formule finale reprend bien « Madame la Maire » ;
- vous n’utilisez pas « mairesse » dans un cadre formel en France ;
- vos coordonnées et pièces utiles sont clairement indiquées si une réponse est attendue.
En résumé pratique, pour une femme maire en France, choisissez « Madame la Maire » au début du message et dans la formule de clôture. C’est la formulation la plus actuelle, la plus lisible et la moins risquée dans un échange administratif.
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